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Préparation au CAPES de mathématiques option informatique à Lyon 1 : portrait d’étudiant-e-s.

Jade OFFREDI et Baptiste EREAU sont lauréats du CAPES mathématiques option informatique du concours 2017 ayant suivi la préparation proposée par l’Université Claude Bernard Lyon 1. Ils reviennent aujourd’hui sur l’année écoulée et celle à venir.

Retour d'expérience sur l'année de formation

Propos recueillis par Romuald THION, les compléments ajoutés par l’auteur sont [entre crochets].

Pourquoi avez-vous choisi la formation à Lyon 1 ?

Jade OFFREDI (JO) : j'ai fait ma licence à Lyon, donc j'ai continué avec le master [Métiers de l'Enseignement, de l’Éducation et de la Formation], c'est le cursus standard pour accéder au CAPES de mathématiques et être enseignante.
Batiste EREAU (BE) : j'ai suivi des amis qui poursuivaient leurs études sur Lyon. Au Mans [où Baptiste a passé sa licence], ils ne proposent pas de préparation au CAPES de mathématiques.


Pourquoi avoir choisi
l'option informatique du CAPES de mathématiques, quel est le déclencheur ?

BE : dès le début de mes études, j'ai commencé à toucher à l'informatique. Après mon année au Québec, j'ai choisi de reprendre un peu d'informatique pour avoir la double compétence. L'informatique est de plus en plus importante dans les programmes, et ça m'intéressait, plus que de continuer dans les mathématiques « pures ».
JO : pendant ma deuxième année de licence, j'ai beaucoup réfléchi à continuer vers les mathématiques ou m'orienter vers l'informatique car ça me plaisait beaucoup. Comme Baptiste l'a dit, c'est quelque chose qui intègre de plus en plus les programmes car ça entre dans la vie courante. C'était aussi intéressant pour l'expérience.
BE : j'ajouterai aussi que c'était un peu stratégique : comme l'option informatique ouvrait cette année on espérait un plus petit effectif et un peu plus de souplesse.


Pour rentrer dans le vif de la formation, de la préparation, qu'est-ce qui était le plus difficile ?

JO : au niveau de l'organisation, il n'y a rien à redire. Avec Nicolas [PRONOST, le responsable de l’option informatique de la préparation], c'était très bien géré.
BE : avec une promotion de 9, on se connaît tous, on échange très rapidement. Aucun soucis à ce niveau là.
JO : au niveau des notions : le plus dur était les problèmes NP-complets, les « problèmes difficiles ». Ils portent bien leur nom !


Qu'est ce qui était le plus motivant dans la formation, dans le groupe ?

BE : ce qui me motivait le plus, c’était de découvrir « qu’est-ce qu’est enseigner ? ». De plus dans l'option informatique, je redécouvrais en approfondissant ce que j'avais déjà un peu aperçu. C'était vraiment m’ouvrir l'esprit.
JO : du point de vue des UEs [Unités d’Enseignement], j'ai trouvé l'UE LIFPROJET hyper stimulante, les profs étaient vraiment présents. On a fait plein de choses : manipulé des arbres etc.
BE : ...ça a vraiment été quelque chose qui nous a fait coder.
JO : c'était super intéressant car c'étaient des sujets très liés aux mathématiques.


Est-ce qu'il y avait des choses surprenantes ou nouvelles dans les contenus de la formation ?

JO : le programme était cohérent avec ce qui est exigible au CAPES. Je trouve que ça a bien collé. Peut-être qu'on n'a pas fait autant d’exercices standards que prévus.
BE : j'avais un peu peur qu'on survole des petites choses : un petit peu de ci , un petit peu de ça... Mais non, ce dont j'étais content c'était que dans chaque UE, on est vraiment allé en profondeur. 

Et pour les sujets de l'écrit ?

BE : on était très très bien préparé, on n'aurait pas pu être mieux préparés !
JO : le 2ème problème [du concours] c’était un écrit blanc qu'on a fait pendant la préparation !
JO : [le 1er problème,] le sudoku, on l'a eu [en sujet blanc] avec les problèmes difficiles.
BE : c'était plus facile [au concours] que ce qu'on a eu [en préparation] !


Que ce qu'on pourrait faire pour attirer les jeunes, les futurs enseignants comme vous, vers l'option informatique ou plus généralement la formation en informatique qui se développe ?

BE : il faudrait plus communiquer, que les gens soient plus au courant de son existence !
JO : pour l'option informatique, juste leur montrer à quel point on s'en sert partout, tout le temps, et à quel point ça arrive dans les programmes. On l'a vu par exemple avec l'UE d'algorithmique à l'ESPE [École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, anciennement IUFM] : tout le monde a eu du mal avec Scratch alors que c'est quelque chose...
BE : …. quelque chose que les enfants font mieux que nous !
JO : c'est ca ! En fait je trouve que les gens qui sont en mathématiques ont le même rapport avec l’informatique que beaucoup de gens « lambda » avec les mathématiques. "Je ne vais jamais y arriver !", "c'est trop dur ! ». Pourtant, notamment avec Scratch, qui est très utilisé au cycle 4 [classes de 5ème, 4ème et 3ème au collège], c'est très accessible.
BE : je pense aussi que ça va venir tout seul : l'ISN [Informatique et Sciences du Numérique] prend de plus en plus de place dans les programmes et arrive au collège aussi. On se dit que vu que les élèves vont être de plus en plus formés, ils seront plus enclins à venir se renseigner d'eux mêmes par la suite.
JO : c'était très intéressant de voir le lien entre mathématiques et informatique lors de la formation, de voir qu'il y a autre chose que les mathématiques « générales » pour les gens attirés par les mathématiques.


Quels sont selon vous les défis à former à l'informatique les jeunes générations, celles que vous allez avoir dans la classe ?

BE : si on veut enseigner l'informatique, il y aura toujours le problème d'avoir 35 PCs pour les élèves... On risque de les regrouper en binômes ou trinômes et ça restera une petit partie des cours de maths qui sera dédié à l'algorithmique mais pas vraiment à l'informatique. Après ils ont des calculatrices, on peut faire de l'algorithmique dessus, mais c'est austère.


Que faire pour la reconnaissance de la discipline informatique en temps que telle ?

JO : en tant que lauréats du CAPES de mathématiques option informatique, on n'a pas le droit d'enseigner l'ISN : il faudrait qu'on ait une formation spécifique. Pourtant avec notre formation et ses attendus, je nous trouve capables d'enseigner l'ISN ou l'ICN en 2nd ou 1ère…


La rentrée face à la classe, ça vous fait peur, vous avez hâte ?

JO : je suis impatiente, très très impatiente ! Mais en attendant, c’est un peu une phase de latence… on est dans les starting blocks !


Si c'était à refaire, vous changeriez d'option du CAPES ou vous referiez la même ?

BE : je la referai.
JO : moi aussi, je la referai.


Le mot de la fin ?

JO : on attend la suite...
BE : ne changez rien à la formation ! Gardez ce bon esprit !

Publié le 14 juillet 2017 Mis à jour le 27 juillet 2017